Posted on: mai 11, 2021 Posted by: Rédaction Comments: 0
Entretenir sa pelouse en accord avec les rythmes de la nature

On imagine souvent que l’entretien de la pelouse représente le domaine le plus simple du jardinage. Encore faut-il connaître la nature exacte de ladite pelouse et effectuer les gestes nécessaires au bon moment ! Car la seule méthode infaillible pour profiter d’un gazon impeccable, c’est de suivre le rythme des saisons.

Entretenir sa pelouse en accord avec les rythmes de la nature

La pelouse, aussi appelée gazon, représente une surface plus ou moins étendue composée d’herbes soigneusement sélectionnées, en grande majorité des graminées. Les principales espèces de graminées utilisées sont le ray-grass anglais, les fétuques, le pâturin des prés et les agrostides. En fonction des besoins, les mélanges d’herbes peuvent être très différents, ce qui influe sur les caractéristiques de pousse, les besoins en eau, en engrais, les rythmes de tonte… Globalement, on différencie les types de semis en fonction de l’usage souhaité : une pelouse « sport » qui repousse vite pour les aires de jeux et les utilisations intensives, une pelouse « détente », fraîche et dense pour s’allonger paisiblement dans l’herbe ou encore une pelouse « d’ornement », particulièrement esthétique mais peu résistante.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’une pelouse reste un espace naturel, qui évolue avec le temps. Dans tous les cas, les espèces semées rentreront en compétition avec les espèces sauvages présentes dans le sol, jusqu’à trouver une position d’équilibre. Obtenir une belle pelouse ne consiste pas forcément à éliminer toutes les « mauvaises herbes », dont certaines peuvent apporter un rendu plus esthétique ou rendre le semis originel plus résistant.

Arroser la pelouse pour qu’elle pousse et… la tondre

Le premier geste d’entretien des espaces verts, c’est bien sur l’arrosage. Le principe, en matière de gazon, ce n’est pas forcément d’arroser souvent, mais plutôt d’arroser copieusement. En effet, quand on arrosage trop régulièrement, on empêche le développement des racines de la pelouse : constamment abreuvés par la surface, les brins d’herbe n’ont pas besoin d’aller recueillir l’humidité en profondeur. Ils seront donc plus sensibles en cas de sécheresse.

Afin d’éviter tout gaspillage d’eau, il convient de choisir un semis adapté dès le départ ; il existe des gazons résistants au sec pour les régions à faible précipitation. D’autre part, l’arrosage doit toujours se faire aux heures fraîches de la journée, de préférence le soir. Dans l’idéal, optez pour un arrosage automatique intégré qui se chargera d’apporter les besoins précis en eau pour chaque composante du jardin et pourra être programmé afin de se déclencher la nuit. Pour que la pelouse présente un bel aspect, il faut ensuite la tondre régulièrement ; cela ralentira d’autre part la concurrence des « mauvaises herbes ». Le rythme de tonte dépend pour beaucoup du type de gazon, car tous les semis n’ont pas la même vitesse de croissance. Mais on ne tond pas non plus de la même façon en fonction des saisons : le printemps et l’automne sont des périodes de pousse active et nécessitent généralement une tonte par semaine (à l’exception des gazons d’ornement, deux fois par semaine, et des greens de golf, tous les jours), alors qu’une tonte tous les 15 jours sera suffisante en été.

En ce qui concerne la hauteur de coupe, celle-ci dépend énormément du type de gazon. Les pelouses d’ornement sont tondues très ras (de 1 à 3 cm), alors que les pelouses de détente et de sport doivent avoir une hauteur comprise entre 5 et 10 cm. Plus un gazon est piétiné, plus il faudra le laisser haut pour qu’il soit suffisamment résistant. Dans tous les cas, on ne taille jamais plus du tiers de la hauteur de la pelouse en une seule fois. Les déchets de tonte peuvent ensuite être recyclés dans un compost ou, plus simplement, être laissés sur place pour nourrir la pelouse et réduire les apports en engrais grâce à la méthode du mulching.

Fertiliser au moment de la pousse, mais enlever les mauvaises herbes après

L’entretien de la pelouse passe aussi par une fertilisation des sols régulière (2 à 3 fois par an, surtout au moment de la pousse d’automne), qui va enrichir la terre d’éléments nutritifs nécessaires à la vitalité des brins d’herbes. Il existe dans le commerce de nombreux engrais, adaptés à tous les usages : engrais coup de fouet pour réveiller une pelouse fatiguée ou engrais à libération lente pour un traitement plus progressif. Pour éviter les gaspillages et obtenir l’effet recherché, il convient de respecter impérativement les doses prescrites ainsi que les périodes d’utilisation préconisées pour chaque produit. L’apport d’engrais doit toujours être suivie d’un arrosage intense afin d’éviter les brûlures de l’herbe et de faire pénétrer les éléments nutritifs dans le sol.

D’autre part, si vous ne voulez pas être envahi par les herbes sauvages, il faut s’attaquer au désherbage de façon très précoce. Certaines plantes indésirables ont des racines dites pivotantes qui vont s’implanter durablement si elles ne sont pas très traitées dès leur apparition. La méthode la plus simple (et la plus écologique) consiste à arracher les pousses avec leurs racines, après arrosage, mais elle est particulièrement fastidieuse. Il existe de nombreux herbicides spécifiques, qui ont une action spécifique et préservent les graminées de la pelouse. Il est conseillé de traiter les mauvaises herbes plutôt aux mois de février et de mai. Mais attention, l’utilisation d’herbicides rend vos déchets de tonte impropres au compostage et au mulching.

Enfin, la meilleure façon de lutter contre l’apparition de mousses dans la pelouse reste l’aération du sol grâce à un scarificateur, sorte de râteau muni de pointes qui va creuser de légers sillons dans la terre. Cette méthode facilite la pénétration de l’air et de l’eau dans le sol et redonne de plus un regain de vitalité à la pelouse. On scarifie normalement au printemps ou en automne, au moment de la poussée du gazon. Cependant, si des mousses apparaissent, on peut les traiter de façon simple en épandant du sulfate de fer.

Le saviez-vous ?

Un autre mode de gestion des pelouses, par opposition au mode d’entretien anglais traditionnel, est apparu récemment. Il s’agit du mode dit de « gestion différenciée », dont le principe repose sur la conservation de zones de pelouse plus rarement tondues, qui peuvent éventuellement être déplacées d’une année sur l’autre, un peu comme dans le système des jachères. En imitant les effets du broutage par les herbivores dans la nature, cette méthode permet la conservation d’une plus grande diversité florale. Poussée à l’extrême, cette gestion particulièrement écologique aboutit au modèle de la prairie fleurie.

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